La collaboration LIGO-Virgo-KAGRA annonce la fin de sa quatrième campagne d’observation
La collaboration internationale LIGO-Virgo-KAGRA a annoncé la fin de sa quatrième campagne d’observation, O4, la plus longue jamais menée par le réseau mondial de détecteurs d’ondes gravitationnelles. Lancée en mai 2023, cette campagne de plus de deux ans a permis la détection d’environ 250 nouveaux signaux, soit plus des deux tiers de l’ensemble des quelque 350 événements enregistrés depuis le début de l’aventure scientifique. Cette forte progression résulte de l’amélioration continue des technologies et de la sensibilité des détecteurs, permettant d’observer des phénomènes cosmiques toujours plus subtils.
Les résultats déjà publiés témoignent de l’impact scientifique de cette campagne, notamment sur l’étude des systèmes binaires compacts et les processus physiques fondamentaux. Parmi les découvertes marquantes figurent ainsi l’événement GW250114, qui a fourni une preuve observationnelle du théorème de Stephen Hawking selon lequel la surface totale d’un trou noir ne peut qu’augmenter, la première détection de trous noirs de “deuxième génération” (événements GW241011 et GW241110) probablement issus de fusions successives de trous noirs, ou encore la fusion de trous noirs la plus massive jamais observée, résultant en un trou noir final plus de 225 fois plus massif que notre Soleil (événement GW231123).
Les équipes préparent désormais une phase de mise à niveau technologique des trois détecteurs, avant la prochaine campagne d’observation, dont le démarrage est prévu entre l’été et l’automne 2026.
Virgo et les laboratoires français
CNRS Nucléaire et Particules est impliqué dans la collaboration européenne Virgo à travers dix de ses laboratoires et plateformes nationales : l’APC (Paris), le CC-IN2P3 (Lyon), le GANIL (Caen), IJCLab (Orsay), l’IPHC (Strasbourg), l’IP2I (Lyon), le L2IT (Toulouse), le LAPP (Annecy), le LMA (Lyon), le LPC Caen et Subatech (Nantes). Parmi les contributions techniques de l’institut au projet, on compte le développement des revêtements optiques des miroirs et des systèmes de métrologie optique, la conception et la réalisation du système d’acquisition des données et de contrôle, ou encore le développement du système de contrôle du vide et des chambres à vides de l’interféromètre. Par ailleurs, de nombreux scientifiques de l'institut participent à la mise en marche de l’interféromètre, à l’acquisition et à l’analyse des événements gravitationnels ainsi qu’à leur étude scientifique.
Outre les laboratoires CNRS Nucléaire & Particules, plusieurs autres instituts français participent à cette aventure européenne, dont Artemis (Nice), l’ILM (Lyon), l’INSP (Paris), le Laboratoire Navier (Paris) et le LKB (Paris), l’institut Fresnel (Marseille), le LAUM (Le Mans).
L'exploitation de l’interféromètre Virgo est assurée par le consortium EGO (CNRS, INFN, Nikhef, FWO et FNRS). EGO a pour principal objectif d'assurer le fonctionnement de Virgo, sa maintenance, son exploitation et son évolution.