Œil d'un télescope à neutrinos. Détail d’un capteur de lumière Tcherenkov du télescope à neutrinos KM3NeT/ORCA (Cubic Kilometer Neutrino Telescope) © Hugo Pardinilla / CPPM / CNRS

CNRS Nucléaire & Particules à l’honneur au Global Physics Photowalk 2025

Communiqué Médiation scientifique

Trois images prises dans des laboratoires de CNRS Nucléaire & Particules ont été primées cette année à l’issue du Global Physics Photowalk 2025, un concours international qui célèbre la recherche en physique à travers le regard de photographes amateurs et professionnels. Les 1ᵉʳ et 2ᵉ prix du public ont été décernés à deux photographies réalisées au GANIL (Caen) et le 3ᵉ prix du jury couronne une image prise au CPPM (Marseille). Les résultats de cette 5ᵉ édition ont été annoncés le 12 février à l’occasion de la conférence annuelle de l’American Association for the Advancement of Science (AAAS) à Phoenix (États-Unis).

Le Global Physics Photowalk est un concours photographique international organisé au printemps 2025 par des laboratoires de physique des particules du monde entier. En France, cette promenade insolite a permis à 44 photographes amateurs et professionnels de porter un regard inédit sur les coulisses de la recherche dans six laboratoires de CNRS Nucléaire & Particules : le CC-IN2P3 à Lyon, le CPPM à Marseille, le GANIL à Caen, l’IPHC à Strasbourg, le LAPP à Annecy et le LPSC à Grenoble.

Au total, plus de 400 photographies ont été réalisées en France et sont consultables sur la photothèque de l’IN2P3. Chaque laboratoire a ensuite sélectionné trois images, soumises au vote du jury international en décembre 2025 et du public du 13 au 27 janvier 206. Parmi la collection finale de 48 photographies, trois clichés réalisés dans des laboratoires de CNRS Nucléaire & Particules ont été distingués.

Photo lauréate n°1 : "Le tunnel", 1ᵉʳ prix du public

"Le tunnel". À l'arrière de l'Accélérateur Linéaire de SPIRAL2 se trouve un couloir où l'on peut découvrir une belle répétition ordonnée de nombreux câbles et tuyaux. La lumière à cet endroit était de qualité nettement supérieure à celle de nombreux autres endroits. En utilisant une petite ouverture, les sources lumineuses prennent une forme étoilée agréable. Photo prise au GANIL à Caen, France. © Yannig Van De Wouwer / GANIL / CNRS

Cette image saisissante, prise par Yannig Van De Wouwer, capture l’accélérateur linéaire de SPIRAL2 du Grand accélérateur national d’ions lourds (GANIL, CNRS/CEA), un laboratoire de pointe dédié à la physique nucléaire et à la physique atomique. Le tunnel, symbole de la précision et de la complexité des installations scientifiques, révèle aussi une esthétique industrielle fascinante.

Pouvoir entrer dans l’installation et les laboratoires est vraiment un grand honneur. Je suppose que peu de gens savent ce qui se passe sous terre à Caen, mais je suis convaincu que ce qui s’y passe relève du summum de ce dont l’humanité est capable.
Yannig Van De Wouwer, photographe
Au-delà de la mise en lumière de notre infrastructure, ces distinctions illustrent le lien fort entre l’art et la science, en montrant à quel point la beauté visuelle peut coexister avec l’exigence scientifique. Elles rappellent aussi combien notre travail, souvent technique et complexe, peut susciter curiosité, émotion et admiration auprès du public. 
Hervé Savajols, directeur du GANIL

Photographe professionnel depuis 2018, basé à Boom (Belgique), Yannig Van De Wouwer a découvert la photographie en affrontant sa peur du vide lors d’expéditions d’escalade. Séduit par la beauté des lieux, il commence à les photographier. Ce qui était d’abord un hobby devient progressivement son métier principal. Fasciné par la technologie et les installations scientifiques de pointe, il s’est lancé avec enthousiasme dans le concours du Photowalk pour capturer l’univers unique du GANIL à Caen.

Photo lauréate n°2 : "Sous vide", 2ᵉ prix du public

"Sous vide". Une partie essentielle de la science derrière les accélérateurs est la recherche de motifs dans les énormes volumes de données. Pour cette photo, j'ai joué avec ce concept : rechercher un motif intéressant dans l'installation complexe rempliede nombreux tuyaux et conduits. Savez-vous ce que vous voyez ici ? C'est un gros plan de la gaine d'un tuyau sous vide. Photo prise au Grand accélérateur national d’ions lourds (GANIL, CNRS/CEA), à Caen, France. © Yannig Van De Wouwer / GANIL / CNRS

Également signée Yannig Van De Wouwer et réalisée au GANIL à Caen, cette photographie met en scène une enceinte sous vide, un équipement essentiel pour les expériences de physique nucléaire. Le jeu de lumières et de transparences offre une vision hypnotique d’un outil pourtant ultra-technique.

J'ai toujours été fasciné par la technologie. Les installations repoussant les limites telles que le GANIL font donc partie des lieux que je rêve de visiter. Lorsque cette opportunité s'est présentée, les 500 km de distance à parcourir semblaient relativement proches !
Yannig Van De Wouwer, photographe

Photo lauréate n°3 : "Œil d'un télescope à neutrinos", 3ᵉ prix du jury

"Œil d'un télescope à neutrinos". Détail d’un capteur de lumière Tcherenkov du télescope à neutrinos KM3NeT/ORCA (Cubic Kilometer Neutrino Telescope), en cours d'installation en Méditerranée, par 2 500 mètres de profondeur au large des côtes provençales. Photo prise au Centre de physique des particules de Marseille (CPPM – CNRS / Aix-Marseille Université), France . © Hugo Pardinilla / CPPM / CNRS

Ce cliché, réalisé par Hugo Pardinilla au Centre de Physique des Particules de Marseille (CPPM), révèle un zoom fascinant sur un photomultiplicateur du télescope à neutrinos KM3NeT/ORCA, installé à 2 500 mètres de profondeur au large des côtes provençales. Ces capteurs de lumière ultra sensibles, déployés en grand nombre, forment un détecteur géant idéal pour étudier les neutrinos, des particules élémentaires parmi les plus mystérieuses de l'Univers. À travers ce cadrage serré, l’image révèle une vue inédite sur le capteur et la finesse technologique de l’instrument.

Les photographies classées deuxième et troisième ont été choisies pour leur regard profond sur le fonctionnement interne des expériences et leur impressionnante palette de couleurs.
Dmitri Denisov, jury du concours et directeur adjoint associé au Brookhaven National Laboratory et
Arts et sciences sont parfois renvoyés dos à dos, mais en réalité ces disciplines se nourrissent mutuellement et j'espère avoir de nouveau l'opportunité de les faire dialoguer, que ce soit par la photographie, le graphisme, ou dans une démarche de direction artistique globale.
Hugo Pardinilla, photographe
Ouvrir nos portes aux photographes est une manière de rendre visible la recherche telle qu’elle se vit au quotidien : exigeante, collective ; c’est une aventure humaine autant que scientifique. Les regards des photographes nous aident à montrer la beauté de la recherche et de ses folles machines mais aussi à raconter le travail des femmes et des hommes qui font avancer la science.
Cristinel Diaconu, directeur du CPPM

Âgé de 27 ans, Hugo Pardinilla est graphiste et photographe à Toulouse. Formé à la direction artistique, il a développé sa pratique photographique en apprentissage. Sa curiosité de longue date pour les sciences et le monde vivant l’a conduit à explorer les liens entre art et recherche scientifique, notamment autour de la biodiversité, thème de son mémoire. Sa participation au Global Physics Photowalk lui a offert l’occasion de se laisser surprendre et de mettre à l’épreuve sa pratique photographique. Face aux équipements du CPPM, il a réalisé une série d’images colorées et abstraites, inhabituelles dans son travail, jouant avec les formes, la lumière et les textures des instruments scientifiques.

Un concours et une aventure collective

Organisées dans des laboratoires de physique des particules du monde entier, ces visites ont permis de révéler la dimension esthétique et humaine de la science au quotidien. Pour cette première participation, les équipes de communication des laboratoires de CNRS Nucléaire & Particules ont su concevoir des parcours de visite attractifs et mobiliser scientifiques et personnels.

Félicitations aux lauréats Yannig Van De Wouwer et Hugo Pardinilla, ainsi qu’à l’ensemble des photographes participants, des scientifiques et des équipes d’accueil, qui ont contribué au succès de cette édition 2025 du Global Physics Photowalk.

Composition du jury international

  • Dmitri Denisov, directeur adjoint du laboratoire national de Brookhaven pour la physique des hautes énergies
  • Tabea Rauscher, responsable créative du Laboratoire européen de biologie moléculaire jusqu'au 31 décembre 2025. Depuis le 1er janvier 2026, Tabea Rauscher est responsable de la communication et du marketing au Centre Max Delbrück pour la médecine moléculaire de l'Association Helmholtz
  • Will Warasila, photographe indépendant pour le New York Times. willwarasila.com 

Pour aller plus loin

Lauréats de la sélection internationale

Photographes distingués lors des sélections locales

Contact

Perrine Royole-Degieux
Chargée de communication (CNRS Nucléaire & Particules)
Marie Roger-Chantin
Chargée de la gestion et de l'animation de la photothèque IN2P3