Etudier le noyau atomique du cuivre, pour mieux comprendre le nickel
Deux nouvelles études menées par des équipes internationales où sont impliqués l’Institut de physique nucléaire d'Orsay (IPNO, CNRS/Université Paris-Sud), le Centre de sciences nucléaires et de sciences de la matière (CSNSM, CNRS/Université Paris-Sud) et l’Institut pluridisciplinaire Hubert Curien (IPHC, CNRS/Université de Strasbourg), indiquent que le nickel-78 est probablement un noyau doublement magique. Cette découverte éclaire notre connaissance de la structure de ce noyau très riche en neutrons intervenant notamment dans la nucléosynthèse stellaire.
Les noyaux doublement magiques
Cette différence soulève une des plus grandes questions de la physique nucléaire aujourd’hui : les propriétés des noyaux magiques s’appliquent-elles à des noyaux aussi exotiques ? Une interrogation d’autant plus légitime, puisqu’il a été montré que pour certains noyaux plus légers, comme le magnesium-32 (12 protons et 20 neutrons) ou encore le silicium-42 (14 protons et 28 neutrons), les nombres magiques de neutrons ne permettent pas de préserver leurs formes sphériques.
Une étude indirecte du nickel-78 via le cuivre-79, avec un proton de plus
Pour répondre à cette question, deux approches, remarquables pour leur complémentarité, ont été utilisées : une avec les ions ralentis et l’autre avec un faisceau relativiste.
Une équipe internationale à laquelle participe le CSNSM a mesuré avec une très grande précision la masse du noyau du cuivre-79, avec le spectromètre Isoltrap installé au Cern. Tandis qu’une autre équipe internationale dont l’IPNO fait partie a réalisé le premier spectre d’excitation du cuivre-79 à l’aide d’une réaction knock-out avec protons au RIKEN, au Japon.
Afin d’interpréter les résultats de ces deux mesures, des calculs théoriques ont été développés à la fois en France à Strasbourg et à l’Université de Tokyo. Une collaboration entre l’IPHC et l’université de Madrid a permis de révéler la structure "duale" du nickel-78 comme à la fois doublement magique mais avec des modes d’excitations faciles (proches en énergie). L’étude théorique menée par l'université de Tokyo s’est appuyée sur le modèle en couches "Monte-Carlo" effectué sur le super-ordinateur K
Même si le nickel-78 n’est pas tout à fait sphérique, comme les autres noyaux doublement magiques, sa déformation reste très faible. Il semblerait que l’interaction tensorielle, qui dicte le comportement des noyaux plus légers, cède à l’interaction spin-orbite
Ces deux méthodes d’études indirectes fournissent des indices que le nickel-78 garderait ses propriétés de noyau doublement magique. Ce résultat renforce notre connaissance des noyaux riches en neutrons situés sur les chemins des processus de nucléosynthèse stellaire.
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